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Conjoncture, résilience, résilience… – L’édito de Philippe Crevel

CONJONCTURE, RÉSILIENCE, RÉSILIENCE…

La hausse des taux d’intérêt que la zone euro connaît depuis le mois de juillet 2022 est la plus brutale de son histoire. Ce relèvement a été décidé afin de mettre un terme à la vague inflationniste née de la crise covid et qui s’est amplifiée avec le déclenchement de la guerre en Ukraine. De juin 2022 à septembre 2023, le taux de refinancement des banques est ainsi passé de 0 à 4,5 %. Depuis quelques mois,  cette politique commence à porter ses fruits. Le taux d’inflation au sein de la zone euro est passé, en moins d’un an, de plus de 10 % à 5 %, l’objectif étant de revenir progressivement à 2 %. Compte tenu de la décélération des prix, au-delà du rebond actuel du prix du pétrole, le processus de relèvement des taux directeurs arrive donc à son terme. Ces derniers devraient rester autour de 4,5 % toute l’année 2024 avant – en fonction de circonstances – de diminuer légèrement. En l’état, un retour aux taux d’avant-guerre en Ukraine est néanmoins peu probable. La politique monétaire dite « non conventionnelle », pratiquée entre 2015 et 2022, était, par nature, temporaire et exceptionnelle. Elle visait à lutter contre la déflation issue de la crise des subprimes de 2007/2009. Aujourd’hui, de nombreux facteurs ont plutôt tendance à jouer en faveur d’une hausse plus rapide des prix : transition énergétique, vieillissement démographique, retour de pratiques protectionnistes, etc. obligeant au maintien de taux directeurs plus élevés. Dans les prochaines années, les Etats risquent, par ailleurs, de souffrir d’un manque d’épargne pour financer des investissements en forte augmentation ce qui devrait induire des taux plus élevés. Le développement des énergies renouvelables, la rénovation des bâtiments, le changement des processus de production, la modernisation de notre système de santé, l’accroissement de notre effort défense, la digitalisation des activités sont, en effet, des sources de dépenses importantes exigeant en parallèle des moyens de financement.

Un ralentissement économique subi mais volontaire

La hausse des taux d’intérêt que les pays européens connaissent depuis plus d’un an s’accompagne d’une baisse de la croissance. Cette causalité est volontaire. Pour casser les anticipations inflationnistes, le refroidissement de l’économie est nécessaire. Les autorités monétaires souhaitent une raréfaction du crédit pour limiter la progression de la demande interne. Cette politique est durement ressentie par les entreprises car en zone euro, leur financement passe essentiellement par le crédit à la différence des Etats-Unis qui privilégient le financement par le marché. La zone euro est par ailleurs pénalisée plus que les Etats-Unis par la hausse des cours de l’énergie, les seconds étant redevenus exportateurs quand les premiers sont des importateurs. Cette double exposition conduit à un ralentissement de l’économie plus marqué de ce côté-ci de l’Atlantique. L’Allemagne, la première puissance économique de la zone euro est confrontée à une baisse des exportations de produits industriels dont les voitures, ce qui n’est pas sans conséquence pour l’ensemble des Etats membres de la zone euro. Dans ce contexte difficile, l’économie française résiste mieux que prévu. Grâce à la bonne tenue des services, en particulier – tourisme, loisirs, soutien aux entreprises – l’activité a progressé durant le premier semestre quand d’autres pays européens sont en récession. Pour le second semestre, l’activité devrait continuer à croître avec le maintien d’une bonne fréquentation et une amélioration de la consommation. Les entreprises dont le taux de marge est correct devraient poursuivre leurs programmes d’investissement même si certains secteurs, comme la construction, sont affectés durement par la hausse des taux d’intérêt.

La fin d’année 2023 prend la forme d’un grand croisement entre les tendances baissières à l’œuvre depuis un an et un possible rebond qui se concrétisera en 2024 et 2025. Côté sombre, des taux élevés, côté lumière, de nombreuses opportunités d’investissement dans un monde économique en pleine mutation.

Philippe CREVEL, Directeur du Cercle de l’Épargne

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